A propos de l'auteur

Felix BRUNOTTE, CFA, FRM

Six années d'expériences professionnelles sur les marchés financiers, dans une salle de marché en tant qu'assistant vendeur, puis en tant qu'analyste financier/gérant de portefeuille junior dans un fonds d'investissement de plus de 150 million d'euros, et finalement analyste financier dans une entreprise indépendante de recherche action européenne. Félix a été récompensé à quatre reprises par les Starmine Awards de Thomson Reuters/Refinitiv. En outre, il était classé n°1 sur 12 entreprises sur 25 suivis et n° 1, 2 ou 3 sur 18 entreprises sur 25 suivis au 16 décembre 2019, sur une période de un an et sur une vingtaine d'analystes en moyenne.

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L’objectif de ce premier article sur la crise des Subprimes est de démontrer qu’elle  était prévisible bien avant 2008. Une partie non négligeable des personnes ayant prévu la crise des Subprimes faisaient soit partie d’une école d’économie (un courant de pensée économique) bien spécifique, soit avaient adopté un processus d’analyse microéconomique plutôt que macroéconomique. La microéconomie, c’est l’étude du comportement des agents économiques comme les ménages, les entreprises, etc… ainsi que de leurs interactions. De l’autre côté, la macro-économie, c’est l’étude de la relation entre les grands agrégats économiques, c’est-à-dire par exemple le PIB, l’inflation, le taux de chômage, etc…

En lisant l’article dans sa totalité, vous pourrez débuter votre apprentissage de l’analyse de l’action humaine, c’est-à-dire les faits, et que les faits, sans jugement de valeur. Ainsi vous débuterait un cheminement vers la façon de penser différente, celle de grands investisseurs comme Mark Spitznagel.

La crise des Subprimes dit quelque chose à tout le monde, mais personne ne connait entièrement tous les tenants et aboutissants de celle-ci. En tant qu’investisseur, il est toujours intéressant d’étudier les crises passées pour anticiper et profiter des crises à venir. En effet, on peut tirer parti d’une crise financière ou économique ne serait-ce qu’en ne perdant pas d’argent quand tout le monde en perd. L’histoire ne se répète pas mais rime.

N.B. : pour les personnes ne sachant pas ce qu’est la crise des Subprimes, nous publierons un ou plusieurs articles pour l’expliquer.

Ron Paul : l’homme ayant averti de la crise à venir des Subprimes dès 2002 !

Commencer avec une bombe est un bon moyen de capter votre attention. Voici donc un avertissement fait en 2002 par le sénateur Ron Paul Commencer avec une bombe est un bon moyen de capter votre attention. Voici donc un avertissement fait en 2002 par le sénateur Ron Paul concernant une crise à venir des Subprimes. Pour les formalités, Ron Paul est un ancien politicien américain et membre du Parti républicain.

Il a été très influencé par l’école d’économie autrichienne (le courant de pensée économique en question dans l’introduction) et est donc naturellement membre du Parti libertarien. Homme brillant selon moi et intègre, il défend l’idée que les marchés doivent être libres sans quoi des distorsions dans l’allocation du capital des acteurs économiques aura lieu, créant des booms suivis de krachs, qu’on aurait au final pu éviter en laissant la main invisible agir (une théorie d’Adam Smith qui signifie que l’ensemble des actions individuelles des acteurs économiques sont guidées uniquement par l’intérêt personnel de chacun mais contribuent au final à la richesse de tous).

Une bombe dans les égouts gouvernementaux

Après un nombre incalculable d’heure de recherches, afin de trouver qui Après une recherche approfondie, je suis tombé un jour sur ce témoignage de Ron Paul devant la Chambre des représentants des Etats-Unis en anglais :

La citation phare

The special privileges of Fannie and Freddie have distorted the housing market by allowing [them] to attract capital they could not attract under pure market conditions […] Like all artificially-created bubbles, the boom in housing prices cannot last forever. When housing prices fall, homeowners will experience difficulty as their equity is wiped out. Furthermore, the holders of the mortgage debt will also have a loss. These losses will be greater than they would have otherwise been had the government policy not actively encouraged over-investment in housing. Perhaps the Federal Reserve can stave off the day of reckoning by purchasing the GSE’s debt and pumping liquidity into the housing market, but this cannot hold off the inevitable drop in the housing market forever. In fact, postponing the necessary, but painful market corrections will only deepen the inevitable fall.

Traduction

Dont voici une traduction libre en français de cette moins que célèbre citation sur la crise des subprimes :

Les privilèges spéciaux octroyés à Fannie Mae et Freddie Mac (en quelque sorte des entreprises publiques dont les dettes sont garanties par l’Etat américain, elles sont nommées GSEs) ont déformé le marché immobilier en lui permettant d’attirer des capitaux qu’il n’aurait pas réussi à attirer dans des conditions de marchés libres (rappelez-vous marché libre veut dire sans intervention de l’Etat). […]

Comme toutes les bulles créées artificiellement (sous-entendu par la banque centrale ou l’état), le boom des prix de l’immobilier ne peut pas durer éternellement. Lorsque les prix immobiliers chuteront, les détenteurs de biens immobiliers expérimenteront des difficultés puisque leur fonds propres (leur patrimoine net) seront réduits à néant.

En outre, les détenteurs de dettes immobilières feront également face à des pertes (il parle des détenteurs de titres adossés à des créances hypothécaires, à savoir fonds d’investissement, fonds de pension, hedge funds, assureurs, etc…). Ces pertes seront plus importantes que celles qui auraient eu lieu si la politique gouvernementale n’avait pas encouragé le surinvestissement (l’excès d’investissement financier) dans l’immobilier. Peut-être que la Réserve Fédérale pourra repousser le jour où la réalité rattrapera le rêve (américain) en achetant les dettes des Entreprises Sponsorisées par le Gouvernement (GSEs) et en injectant des liquidités (de l’argent nouveau) dans le marché immobilier, mais cela ne permettra pas de contenir la chute inévitable de celui-ci pour toujours. En effet, repousser la nécessaire, mais douloureuse correction de marché, aura pour seule conséquence d’accentuer la chute inévitable.

Source: Paul Ron (2002), “Introducing Free Housing Market Enhancement Act”, Congressional Record – Extensions of Remarks”, E1258, July 15, 2002.

Explication de l’idée principale sur l’origine de la crise des subprimes

L’idée principale de ce témoignage de Ron Paul est que la garantie du gouvernement octroyée aux GSEs (Governement Sponsored Enterprises) a entraîné une mauvaise allocation du capital (c’est-à-dire un flux d’argent d’un secteur vers un autre et qui n’aurait pas dû prendre ces proportions) et un surinvestissement (en d’autres termes la constitution d’une bulle) vers le secteur immobilier. Il n’a rien fait d’autres que de prédire la crise des subprimes cinq années avant les premiers signaux officiels.

Les investisseurs (fonds d’investissement, fonds de pension, hedge fund, assureurs, etc…) dans les titres adossés à des créances hypothécaires ont été trompés par l’interventionnisme de l’Etat et aveugles face aux risques inhérents de ce dernier pourtant de basse qualité.

En outre, grâce à ce soutien étatique, le coût de financement (à savoir de l’endettement) des GSEs était inférieur à ce qu’il aurait dû être et par extension, le coût des crédits immobiliers pour un emprunteur était trop bas. Or, lorsque les taux baissent, généralement les prix de l’immobilier augmentent. Ainsi la bulle aurait été créé par l’interventionnisme de l’Etat. Il a en outre affirmé à de nombreuses reprises qu’au fur et à mesure des crises, la politique monétaire de plus en plus expansionniste/accommodante de la Réserve Fédérale américaine (ce qui signifie que la Réserve Fédérale augmente la quantité de monnaie en circulation dans l’économie afin de relancer le crédit), entraîne la création de nouvelles bulles dans un ou des autres pans de l’économie.

Paul Krugman préconisait de créer une bulle puis crise des subprimes pour remplacer la bulle technologique

Au final, Paul Krugman, un professeur keynésien renommé, a pour son plus grand malheur, écrit la chose suivante :

La citation du Némésis de Ron Paul

The basic point is that the recession of 2001 wasn’t a typical postwar slump, brought on when an inflation-fighting Fed raises interest rates and easily ended by a snapback in housing and consumer spending when the Fed brings rates back down again. This was a prewar-style recession, a morning after brought on by irrational exuberance. To fight this recession the Fed needs more than a snapback; it needs soaring household spending to offset moribund business investment. And to do that, as Paul McCulley of Pimco put it, Alan Greenspan needs to create a housing bubble to replace the Nasdaq bubble.

La traduction de cette citation

Dont voici la traduction libre vers le français de cette citation célèbre de Paul Krugman sur la transformation de la bulle technologique en bulle puis crise des subprimes :

Le point fondamental est que la récession de 2001 n’était pas une crise économique typique de l’ère post-WWII, à savoir provoqué par l’élévation des taux d’intérêt dû au combat de la Réserve Fédéral contre l’inflation et terminant sa course facilement suite au regain de dépenses des consommateurs quand la Réserve Fédéral rabaissait ses taux directeurs. Il s’agissait d’une récession de type pré-WWII déclenché le lendemain matin d’un comportement d’exubérance irrationnelle. Pour contrer cette récession la Réserve Fédérale a besoin de plus que d’un regain, elle a besoin de dépenses des ménages qui montent en flèche pour compenser des investissements des entreprises moribonds. Et pour cela, comme Paul PcCulley de Pimco l’a dit, Alan Greenspan doit créer une bulle immobilière pour remplacer la bulle technologique.

Les conclusions à en tirer de la crise des subprimes :

Au final les conclusions à en tirer sont les suivantes. Il est pertinent de réaliser :

  1. une analyse microéconomique du comportement humain plutôt que macroéconomique.
  2. une analyse de l’intervention du gouvernement et des frictions que cela créé dans les marchés financiers, boursiers, immobiliers, etc…

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Six années d'expériences professionnelles sur les marchés financiers, dans une salle de marché en tant qu'assistant vendeur, puis en tant qu'analyste financier/gérant de portefeuille junior dans un fonds d'investissement de plus de 150 million d'euros, et finalement analyste financier dans une entreprise indépendante de recherche action européenne. Félix a été récompensé à quatre reprises par les Starmine Awards de Thomson Reuters/Refinitiv. En outre, il était classé n°1 sur 12 entreprises sur 25 suivis et n° 1, 2 ou 3 sur 18 entreprises sur 25 suivis au 16 décembre 2019, sur une période de un an et sur une vingtaine d'analystes en moyenne.

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