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La psychologie peut se dompter

Leçon 5 Module 4

3ème clé : apprivoiser ses biais psychologiques

On vous propose de faire un petit jeu pour introduire cette 3ème règle d’or :

Si je vous demande :

  • Quelle est la couleur d’un os ? vous allez me répondre blanc
  • Quelle est la couleur d’un nuage ? blanc
  • Quelle est la couleur de la neige ? blanc aussi
  • Quelle est la couleur d’une feuille de papier ? blanc
  • Quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? blanc
  • Et que boit la vache ? du lait ?

Et ben non, la vache boit de l’eau. Vous le savez en plus, on le sait tous d’ailleurs mais notre cerveau a pensé lait en premier. Pourquoi ? Parce que chaque être humain sur cette terre possède ce qu’on appelle des biais cognitifs. C’est normal rassurez-vous, sinon on ne serait pas humain. Alors, c’est quoi un biais cognitif ?

Définition

Un biais cognitif c’est une façon de penser qui nous induit en erreur et dont on ne se rend pas nécessairement compte. Dans le petit jeu auquel on vient de jouer, votre cerveau a reçu plusieurs fois et en un temps très court l’information « blanc ». Et du coup, quand on vous a posé la question, « que boit la vache ? », la première réponse qui vous ait venue est du lait car le lait est blanc et en plus on l’associe souvent à la vache.

Maintenant que vous avez compris que notre psychologie peut nous jouer des tours, on en vient à la 3ème règle d’or qui est : attention à notre psychologie.

On tient vraiment à aborder avec vous l’aspect psychologique de l’être humain et en particulier celui d’un investisseur en bourse, parce que si vous réussissez à identifier vos propres biais psychologiques et à travailler dessus pour en faire un outil à votre service et non l’inverse, vous augmenterez considérablement vos chances de performer en bourse.

Exemples de biais psychologiques

On va tout de suite voir ensemble six biais psychologiques classiques de l’investisseur en bourse.

  • Le 1er biais est le biais de prise de raccourci. Notre cerveau prend des raccourcis quand il fait des analyses, ce qui nous conduit à prendre trop facilement des conclusions hâtives.
  • Les 2ème et 3ème biais sont l’excès de confiance en nous-même et le biais de confirmation, qui sont très similaires. Robert G. Hagstrom nous dit : « les investisseurs, en règle générale, ont une grande confiance en eux-mêmes. Ils pensent qu’ils peuvent sélectionner les valeurs gagnantes. Ils ont tendance à surestimer leurs aptitudes et leurs connaissances. Il se fieront donc aux informations qui confirment leurs convictions et écarterons tout ce qui s’en éloigne. » Il y a donc deux notions clés à retenir pour ce deuxième biais et ce troisième biais :
  • On a tendance à surestimer nos compétences et donc on pense qu’on est capable de sélectionner les entreprises gagnantes :  c’est le biais de l’excès de confiance.
  • On prêtera attention uniquement aux informations qui confirment notre choix d’investissement et on rejettera toute information qui va à l’encontre de nos convictions personnelles. C’est le biais de confirmation.
  • Le 4ème biais est le biais de projection. Nous avons tendance à croire, sans le vouloir, que les évènements du passé vont se répéter et que nos croyances et notre schéma de pensé actuel vont se matérialiser tels quels dans le futur. Par exemple, quand tout va bien et que la bourse monte on a envie de miser plus d’argent car on est persuadé que les cours de bourse vont continuer à monter comme dans le passé. En revanche, quand la bourse s’effondre, c’est la panique à bord car on a tendance à croire que les prix des actions vont encore plus baisser dans le futur. Ce qui nous mène à revendre nos actions sans réfléchir quitte à perdre le potentiel de rebond du marché dans le futur.
  • Le 5ème biais est la crainte de l’avenir. En tant qu’êtres humains on a tous un profond besoin psychologique de savoir ce que le futur nous réserve. On est donc tenté de suivre aveuglement des experts qui nous disent dans quelles valeurs d’avenir investir, et ça, sans vérifier par nous-même si leur analyse est valide.
  • Le 6ème biais est l’aversion aux pertes. Robert G. Hagstrom nous dit : « d’après une étude, la douleur provoquée par une perte est bien plus forte que le plaisir éprouvé après un gain. Les gens ont besoin de deux fois plus d’expériences positives pour triompher d’une expérience négative. Le problème qui en découle c’est que l’investisseur est tenté de s’accrocher de façon irrationnelle à ses valeurs perdantes. Nul ne veut admettre avoir fait une erreur. Mais si vous ne vendez pas une erreur, vous abandonnez potentiellement le gain que vous auriez pu obtenir en investissant intelligemment. »

On répète et récapitule !

On récapitule rapidement les six biais pour que vous puissiez les mémoriser :

  • Notre cerveau prend des raccourcis, ce qui le mène à faire des conclusions hâtives.
  • Nous avons une trop grande estime de nous-même et avons tendance à surestimer nos capacités à trouver de bonnes affaires.
  • Nous cherchons à confirmer nos croyances et à ne prêter attention qu’aux informations confirmant notre opinion.
  • Nous projetons le passé, nos croyances et notre schéma de pensée actuel sur le futur.
  • Nous avons peur de l’avenir et donc nous cherchons à suivre les prévisions des experts sans vérifier l’information.
  • La douleur provoquée par une perte nous affecte plus que le plaisir apporté par un gain. Nous avons donc tendance à garder des valeurs perdantes en espérant qu’elles vont peut-être remonter et à vendre les gagnantes au lieu de laisser courir les gains.

Maitriser son cerveau

Vous l’avez bien compris maintenant, notre cerveau est un formidable outil, mais mal maitrisé, il peut nous jouer des tours et œuvrer en notre défaveur. En revanche, si vous comprenez et appréhendez vos biais cognitifs, vous aurez bien plus de chances de faire mieux que la grande majorité des investisseurs qui n’ont pas conscience du rôle important que joue la psychologie dans l’investissement. Benjamin Graham nous dit même : « Des gens qui ne savent pas maitriser leurs émotions auront du mal à tirer profit du processus d’investissement. »

Lectures recommandées

Si vous voulez en lire plus sur les biais cognitifs et la finance comportementale, il existe trois auteurs expérimentés dans ce domaine qui sont James Montier, Richard Thaler et Daniel Kahneman.

Formation QARP payante

Dans la formation QARP payante, il y aura un grand volet sur la psychologie que l’on nomme aussi finance comportementale.

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